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dimanche 26 juillet 2009

Comme si on y était

(...) mais Tintin, lui, se trouvait être aux prises avec Tatti, un grand "conot" qui était bête comme "36 cochons mariés en seconde noce", mais qui, de ses longs bras de pieuvre, le paralysait et l'étouffait.

in "La guerre des boutons" de Louis Pergaud (1912)
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vendredi 24 avril 2009

lundi 9 février 2009

Le bâtonneur de roues

Nous étions casaniers, sédentaires : et peu de gens, dans mon village, avaient l’audace de s’expatrier.

Quelquefois pourtant, l’un de nous en ressentait l’envie. Et, pendant des mois, des années, il entretenait de ce projet son entourage et ses amis. Perspective accablante : bientôt, il faudrait payer le bâtonneur de roues.

Personne, en effet, ne désirait vraiment partir : ceux qui en parlaient éprouvaient seulement de la détresse, et espéraient qu’à la longue on leur porterait secours.

Un soir, il affirmait que, le lendemain à l’aube, il partirait et qu’il faudrait lui atteler une charrette. Chacun acquiesçait en silence. Il était temps de prévenir le bâtonneur et de discuter son prix.

L’aube venue, on abandonnait la charrette à la sortie du village. Celui qui prétendait partir arrivait lentement dans le froid et la grisaille du matin, son bagage à l’épaule, sans que nul ne l’accompagne. Pesamment, il montait dans la charrette.

Aussitôt, le bâtonneur jaillissait de derrière un arbre, l’œil furieux, l’invective à la bouche, et il coinçait dans une roue sa grande barre de fer. Le conducteur simulait de protester : l’autre invectivait plus fort, ses yeux brûlaient comme ceux du diable. Le conducteur, alors, se mettait à pleurer de joie secrète : il était sauvé. Il rentrait doucement au village, et tous les habitants venaient l’accueillir.

(in Les petits métiers, Tony Duvert, éditions fata morgana, 1978)

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jeudi 5 février 2009

vendredi 23 janvier 2009

Le dessein de la semaine - 10



-F. demandant :

« Quel est l’outil qu’avaient déjà les hommes préhistoriques, que nous avons tous en permanence sur nous et qui sert à plusieurs choses ? »

-Tous :

« Le téléphone ! »


mardi 25 novembre 2008

Lidiotduv... n'a rien à ajouter

500 volumes, 3 mots

O
n raconte que dans la Perse ancienne vivait un roi nommé Zémir. Couronné très jeune, il se mit en devoir de s'instruire : il rassembla autour de lui de nombreux érudits provenant de tous les pays et leur demanda d'éditer pour lui l'histoire de l'humanité. Tous ces érudits se concentrèrent donc très profondément sur cette étude. Vingt années passèrent à la préparation de l'édition. Enfin, ils se rendirent au palais, chargés de cinq cents volumes à dos de douze chameaux. Le roi Zémir avait alors dépassé la quarantaine.
- « Je suis déjà vieux, dit-il, je n'aurai pas le temps de tout lire avant ma mort, alors, s'il vous plait, faites-en une édition abrégée. » Durant une vingtaine d'années, les érudits travaillèrent sur ces livres et revinrent au palais avec trois chameaux seulement. Mais le roi était devenu très vieux. Il avait près de soixante ans et était très affaibli :
- « Il ne m'est pas possible de lire tous ces livres. S'il vous plait, faites-en une version plus courte. » Ils travaillèrent encore dix ans puis revinrent avec un chameau chargé de leurs ouvrages. Mais le roi avait maintenant plus de soixante-dix ans ; à demi aveugle, il ne pouvait plus vraiment lire. Zémir demanda alors une édition encore plus abrégée. Les érudits eux aussi avaient vieilli. Ils se concentrèrent encore cinq ans et juste avant la mort du roi, ils revinrent avec un seul volume.
- « Je dois donc mourir sans aucune connaissance sur l'histoire de l'homme ? », dit-il.

À
son chevet, le plus âgé des érudits répondit :
- « Je vais vous expliquer en trois mots l'histoire de l'homme : l'homme naît, souffre et finalement meurt. » À cet instant même, le roi expira.

In Le bol et le bâton, 120 contes Zen racontés par Maître Deshimaru
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